Nos Queda La Palabra

Noviembre 21, 2009

…vous pleurez comme nous.

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Poème sur le désastre de Lisbonne

         Voltaire

O malheureux mortels! ô terre déplorable!
O de tous les mortels assemblage effroyable!
D’inutiles douleurs éternel entretien!
Philosophes trompés qui criez: “Tout est bien”
Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l’un sur l’autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l’horreur des tourments leurs lamentables jours!
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous: “C’est l’effet des éternelles lois
Qui d’un Dieu libre et bon nécessitent le choix”?
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes:
“Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes”?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants?
Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices?
Lisbonne est abîmée, et l’on danse à Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages:
Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.
Croyez-moi, quand la terre entrouvre ses abîmes
Ma plainte est innocente et mes cris légitimes
Partout environnés des cruautés du sort,
Des fureurs des méchants, des pièges de la mort
De tous les éléments éprouvant les atteintes,
Compagnons de nos maux, permettez-nous les plaintes.
C’est l’orgueil, dites-vous, l’orgueil séditieux,
Qui prétend qu’étant mal, nous pouvions être mieux.
Allez interroger les rivages du Tage;
Fouillez dans les débris de ce sanglant ravage;
Demandez aux mourants, dans ce séjour d’effroi
Si c’est l’orgueil qui crie “O ciel, secourez-moi!
O ciel, ayez pitié de l’humaine misère!”

 

 

Noviembre 10, 2009

…dans la santé essentielle

 

raulphotographe

Conte

       Un Prince était vexé de ne s’être employé jamais qu’à la perfection des générosités vulgaires. Il prévoyait d’étonnantes révolutions de l’amour, et soupçonnait ses femmes de pouvoir mieux que cette complaisance agrémentée de ciel et de luxe. Il voulait voir la vérité, l’heure du désir et de la satisfaction essentiels. Que ce fût ou non une aberration de piété, il voulut. Il possédait au moins un assez large pouvoir humain.      Toutes les femmes qui l’avaient connu furent assassinées. Quel saccage du jardin de la beauté! Sous le sabre, elles le bénirent. Il n’en commanda point de nouvelles. – Les femmes réapparurent.      Il tua tous ceux qui le suivaient, après la chasse ou les libations. – Tous le suivaient.      Il s’amusa à égorger les bêtes de luxe. Il fit flamber les palais. Il se ruait sur les gens et les taillait en pièces. La foule, les toits d’or, les belles bêtes existaient encore.      Peut-on s’extasier dans la destruction, se rajeunir par la cruauté! Le peuple ne murmura pas. Personne n’offrit le concours de ses vues.      Un soir il galopait fièrement. Un Génie apparut, d’une beauté ineffable, inavouable même. De sa physionomie et de son maintient ressortait la promesse d’un amour multiple et complexe! d’un bonheur indicible, insupportable même! Le Prince et le Génie s’anéantirent probablement dans la santé essentielle. Comment n’auraient-ils pas pu en mourir. Ensemble donc ils moururent.      Mais ce Prince décéda, dans son palais, à un âge ordinaire. Le prince était le Génie. Le Génie était le Prince. – La musique savante manque à notre désir.

 

Les Illuminations. Arthur Rimbaud

Fuente l Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes

La música sabia no acude a nuestro deseo…

 

Sostiene Pereira…

 

Sostiene Pereira (piano solo) Ennio Morricone

Mercuziopianist

Noviembre 9, 2009

Las ubres de Tiresias

  
Costumes par Serge Férat, 1917
Guillaume Apollinaire
Les Mamelles de Tirésias
Drame surréaliste en deux actes et un prologue
Préface
[Poèmes dédicatoires]
Prologue
Acte premier
Acte II
Fuente l Bibliotheca Augustana
 

  ”Poesía y creación no son sino una misma cosa y no se debe llamar poeta sino al que inventa, al que crea en la medida en que el hombre puede crear. El poeta es el que descubre alegrías nuevas, aunque sean penosas de soportar”.

Guillaume Apollinaire

 

Fuente l  Color de Francia. La femme Assise. Ensayos Selectos. José María González de Mendoza

 

Noviembre 8, 2009

“When I consider…”

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ON HIS BLINDNESS

Indigno de los astros y del ave
Que surca el hondo azul, ahora secreto,
De esas líneas que son el alfabeto
Que ordenan otros y del mármol grave
Cuyo dintel mis ya gastados ojos
Pierden en su penumbra, de las rosas
Invisibles y de las silenciosas
Multitudes de oros y de rojos
Soy, pero no de las Mil Noches y Una
Que abren mares y auroras en mi sombra
Ni de Walt Whitman, ese Adán que nombra
Las criaturas que son bajo la luna,
Ni de los blancos dones del olvido
Ni del amor que espero y que no pido…

De: El oro de los tigres (1972)
BORGES, Jorge Luis. Obras Completas. Tomo II.
San Pablo, Emecé, 1994. p. 477

ON HIS BLINDNESS

Al cabo de los años me rodea
una terca neblina luminosa
que reduce las cosas a una cosa
sin forma ni color. Casi a una idea.
La vasta noche elemental y el día
lleno de gente son esa neblina
de luz dudosa y fiel que no declina
y que acecha en el alba. Yo querría
ver una cara alguna vez. Ignoro
la inexplorada enciclopedia, el goce
de los libros que mi mano reconoce,
las altas aves y las lunas de oro.
A los otros les queda el universo:
a mi penumbra, el hábito del verso.

De: Los conjurados (1985)
BORGES, Jorge Luis. Obras Completas. Tomo III.
San Pablo, Emecé, 1994. p. 480

Fuente l  “On his Blindness” Borges, Milton y la ceguera. Brenda Sánchez.

 © Brenda Sánchez 2002
Espéculo. Revista de estudios literarios. Universidad Complutense de Madrid

Texto l   “On his Blindness” Borges, Milton y la ceguera. Brenda Sánchez. Anexo

 

“A aquellos que han apagado los ojos del pueblo, reprochadles su ceguera.”

John Milton

 

Noviembre 7, 2009

…que veux-tu me dire?

civileso
En esta grabación
Cecilia Bartoli / Chant d’amour (françaises melodías)
Whung Myung-Chung (piano) (1996)

 

Pauline Viardot García (1821-1910)

“Hai luli”

 ”Les Prisonniers du Caucase” 

 Xavier de Maistre

Je suis triste, je m’inquiète,
Je ne sais plus que devenir,
Mon bon ami devait venir,
Et je l’attends ici seulette.
Hai luli, hai luli
Où donc peut être mon ami ?

Je m’assieds pour filer ma laine,
Le fil se casse dans ma main…
Allons, je filerai demain ;
Aujourd’hui je suis trop en peine !
Hai luli ! Hai luli !
Qu’il fait triste sans son ami !

Si jamais il devient volage,
S’il doit un jour m’abandonner,
Le village n’a qu’à brûler,
Et moi-même avec le village !
Hai luli ! Hai luli !
A quoi bon vivre sans son ami ?

 

 

“En la vida de las personas hay grandes misterios y el amor es uno de los más inaccesibles”.

La desdichada. Ivan Turgueniev

 

Fuentes l La desdichada. BERTIGO. Blog del escritor Eduardo Berti.

 

Les Frênes

Sauvons la maison Tourguéniev

Le blog du Musée Tourguéniev

“L’association des amis d’Ivan Tourguéniev Pauline Viardot et Maria Malibran”

 

 

Noviembre 5, 2009

…cuya respuesta nadie sabe

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raulphotographe

Paco Ibáñez

Luis Cernuda: “Un español habla de su tierra”

 

No decía palabras

No decía palabras,
acercaba tan sólo un cuerpo interrogante,
porque ignoraba que el deseo es una pregunta
cuya respuesta no existe,
una hoja cuya rama no existe,
un mundo cuyo cielo no existe.

La angustia se abre paso entre los huesos,
remonta por las venas
hasta abrirse en la piel,
surtidores de sueño
hechos carne en interrogación vuelta a las nubes.

Un roce al paso,
una mirada fugaz entre las sombras,
bastan para que el cuerpo se abra en dos,
ávido de recibir en sí mismo
otro cuerpo que sueñe;
mitad y mitad, sueño y sueño, carne y carne,
iguales en figura, iguales en amor, iguales en deseo.

Auque sólo sea una esperanza
porque el deseo es pregunta cuya respuesta nadie sabe.

 

Los placeres prohibidos (1931)

Fuente l Aula de Letras

Octubre 30, 2009

…escritos sobre tus labios.

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 palinuroyyo

 

LA BOCA
BOCA que arrastra mi boca.
Boca que me has arrastrado:
boca que vienes de lejos
a iluminarme de rayos.
Alba que das a mis noches
un resplandor rojo y blanco.
Boca poblada de bocas:
pájaro lleno de pájaros.
Canción que vuelve las alas
hacia arriba y hacia abajo.
Muerte reducida a besos,
a sed de morir despacio,
das a la grama sangrante
dos tremendos aletazos.
El labio de arriba el cielo
y la tierra el otro labio.
Beso que rueda en la sombra:
beso que viene rodando
desde el primer cementerio
hasta los últimos astros.
Astro que tiene tu boca
enmudecido y cerrado,
hasta que un roce celeste
hace que vibren sus párpados.
Beso que va a un porvenir
de muchachas y muchachos,
que no dejarán desiertos
ni las calles, ni los campos.
¡Cuánta boca ya enterrada,
sin boca, desenterramos!
Bebo en tu boca por ellos,
brindo en tu boca por tantos
que cayeron sobre el vino
de los amorosos vasos.
Hoy son recuerdos, recuerdos,
besos distantes y amargos.
Hundo en tu boca mi vida,
oigo rumores de espacios,
y el infinito parece
que sobre mí se ha volcado.

He de volver a besarte,
he de volver. Hundo, caigo,
mientras descienden los siglos
hacia los hondos barrancos
como una febril nevada
de besos enamorados.
Boca que desenterraste
el amanecer más claro
con tu lengua. Tres palabras,
tres fuegos has heredado:
vida, muerte, amor. Ahí quedan
escritos sobre tus labios.
1938

 

Fuente original

 Miguel Hernández

“Cancionero y romancero de ausencias”

Últimos poemas

© Losada . 1976. 

Octubre 21, 2009

De femme fatale qui…

 

FilboidSludge

Jeanne Moreau chante “Le tourbillon de la vie”

dans le film de François Truffaut, “Jules et Jim”, 1962.

 

"Le tourbillon de la vie"
Elle avait des bagues à chaque doigt,
Des tas de bracelets autour des poignets,
Et puis elle chantait avec une voix
Qui sitôt m'enjôla

Elle avait des yeux, des yeux d'opale
Qui m'fascinaient, qui m'fascinaient,
Y avait l'ovale d'son visage pâle
De femme fatale qui m'fut fatal

On s'est connus, on s'est reconnus,
On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus d'vue
On s'est retrouvés, on s'est réchauffés
Puis on s'est séparés

Chacun pour soi est reparti
Dans l'tourbillon de la vie
Je l'ai revue un soir, aïe, aïe, aïe !
Ça fait déjà un fameux bail 

Au son des banjos, je l'ai reconnu
Ce curieux sourire qui m'avait tant plu
Sa voix si fatale, son beau visage pâle
M'émurent plus que jamais

Je me suis soûlé en l'écoutant
L'alcool fait oublier le temps
Je me suis réveillé en sentant
Des baisers sur mon front brûlant

On s'est connus, on s'est reconnus,
On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus de vue,
On s'est retrouvés, on s'est séparés
Puis on s'est réchauffés

Chacun pour soi est reparti
Dans l'tourbillon de la vie
Je l'ai revue un soir ah la la
Elle est retombée dans mes bras 

Quand on s'est connus,
Quand on s'est reconnus,
Pourquoi s'perdre de vue,
Se reperdre de vue ?
Quand on s'est retrouvés,
Quand on s'est réchauffés,
Pourquoi se séparer ?
Alors tous deux, on est repartis
Dans l'tourbillon de la vie
On a continué à tourner
Tous les deux enlacés

Octubre 15, 2009

…ni tuya siquiera

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raulphotographe

 

Libre te quiero

Libre te quiero,
como arroyo que brinca
de peña en peña.
Pero no mía.
Grande te quiero,
como monte preñado
de primavera.
Pero no mía.
Buena te quiero,
como pan que no sabe
su masa buena.
Pero no mía.
Alta te quiero,
como chopo que en el cielo
se despereza.
Pero no mía.
Blanca te quiero,
como flor de azahares
sobre la tierra.
Pero no mía.
Pero no mía
ni de Dios ni de nadie
ni tuya siquiera.

Agustín García Calvo

 

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